Ce document n’aurait pu voir le jour sans,
Claude Gosselin, Jean James, Michel Lecouvreur, Raymonde Marie, Simone Meyran, Françoise Née, Bernard Poulain, Michel Sébire, Alain Triboulet, Claude Vaudru, Annie Vimont-Le Brozec, anciens élèves du Collège-Lycée Louis Liard et de l’Ecole Primaire Supérieure de Falaise
Alexia Aubey, Cyrielle Battais, Dorothée Bellier, Charline Bertin, Gaëlle Brehier, Laure Canonne, Mélissa Chéruel, Chloé Devaux, Anne-Sophie Dugué, Allison Fossey, Guillaume Hamelin, Aurélie Ledanois, Sonia Lemesle, Coralie Levasseur, Marie Lhonneur, Emilie Planche, Laetitia Pretti, Priscilla Schalk, Laure-Evane Seveste, Cécile Sonove, Amélie Tafflet, Aurélie Tariolle, Aurélie Thomé, Alicia Toutain, Jennifer Trével, Naïs Vautier, élèves de Terminale BEP Métiers du Secrétariat,
Claudine Esneault, Jean-Christophe Gauchard, Bénédicte Paris-Desfeux, Claudie Richard, professeurs,
Merci à eux.
Note au lecteur
:Le document que vous allez lire est un recueil de différents témoignages sur le " vécu " d'anciens élèves du lycée Louis Liard de Falaise, pendant l'année 1944, l'année du " dénouement. " Il ne s'agit aucunement d'un mémoire d'historien.
Ce travail est une réalisation conjointe de deux générations d'élèves que 60 ans séparent (1944 - 2004). Cette confrontation de souvenirs a été rendue possible grâce à Jean-Christophe Gauchard, lui-même ancien élève et aujourd'hui professeur. Sa qualité de membre de l'association des anciens élèves de Louis Liard, en a fait le trait d'union indispensable.
La génération 2004 est représentés par la classe de TMS qui compte 26 élèves et 4 de leurs professeurs. Dans l'emploi du temps, le créneau PPCP permet de rebondir sur cette opportunité.
1944 revit au travers des personnes citées ci-dessous. Nous les remercions pour leur disponibilité, leur volonté de transmettre, et leurs précieux témoignages.
Michel Lecouvreur a accumulé documents et témoignages dans des cahiers. Il a partagé ses connaissances et souvenirs avec la classe tous les lundis après-midi de janvier à mars 2004.
Simone Meyran est venue témoigner devant les élèves.
Claude Gosselin a communiqué par courrier électronique avec un groupe en particulier.
Jean James ont été contactés par courrier et ont répondu à un
Françoise Née questionnaire élaboré par un autre groupe.
Annie Vimond-Le Bozec est venue l'année dernière témoigner avec une autre classe et a apporté des compléments.
La relation pédagogique a été spontanée, très directe, les demandes ont été précises et ponctuelles.
Le devoir de mémoire est au cœur de l'enseignement civique juridique et social. Les élèves ont étudié l'histoire de la seconde guerre mondiale. De plus, le soixantième anniversaire a un fort impact sur la ville de Falaise.
La relecture des cahiers, l'exploitation des questionnaires, l'écoute des récits et leur transcription ont été leur principal support de travail. L'utilisation des nouvelles technologies, outil privilégié de l'enseignement professionnel, a permis de créer des opportunités : parfaire leur Français ou utiliser le traitement de textes, croiser les savoir-faire et favoriser la transversalité.
C'est une expérience positive autour d'un thème fédérateur. Les élèves ont fait connaissance avec ces personnalités et se sont accaparés leurs histoires de vie. Ils ont pu prolonger leur réflexion, leurs connaissances ou interrogations dans leur famille auprès de parents ou de grands-parents.
Cette réalisation les a mises en posture formatrice. Tout au long, la classe est restée motivée et soudée. L'expérience pédagogique a été enrichissante.
Enfin, nous attirons à nouveau l'attention du lecteur sur le fait qu'il s'agit d'un travail d'élèves mené à son terme consciencieusement mais modestement. Les textes ont été relus et corrigés et si quelque faute ou maladresse demeurent, nous sollicitons son indulgence.
Sommaire
1 - Juin 1940
page 9
2 - La vie au collège : de juin 1940 à juin 1944
page 13
3 - Le 6 juin 1944
page 33
4 - La bataille dans l'E.P.S. : 16, 17 et 18 août 1944
page 48
5 - Le début du recommencement
page 54
1 - Juin 1940 (Préambule)
Le 3 septembre 1939, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne nazie. Comme tous les Français, les Falaisiens l'apprennent par la T.S.F. (la radio), les journaux locaux Ouest Eclair (Ouest France actuel) et l'Echo de Falaise (Les Nouvelles de Falaise actuelles).
L'engrenage d'un nouveau conflit contre l'ennemi juré se fait à nouveau sentir et Falaise comme toutes les villes de France, a de nombreux mobilisés.
L'échange de nouvelles est fréquente. Le moral est bon, la guerre n'a pas véritablement commencé et l'armée française insouciante chante " Nous irons étendre notre linge sur la ligne Siegfried. "
La " Drôle de Guerre " apporte quelques modifications à première vue secondaires dans la vie des Falaisiens. Même si le conflit n'est pas véritablement engagé, il faut se plier aux exigences de la défense passive, c'est-à-dire occultation à la nuit tombée de toutes les fenêtres et ouvertures extérieures pouvant diffuser de la lumière afin d'éviter d'occasionnels repérages voire attaques et bombardements par des avions ennemis. Des vitres du collège sont teintées de bleu foncé surtout celle de l'internat et il est interdit d'ouvrir les fenêtres.
L'armée française crée un hôpital complémentaire dans les locaux de l'école supérieure. Les élèves doivent par leurs propres moyens, soit à pied ou à vélo se rendre au château de Versainville situé à trois kilomètres de la ville : demeure prêtée par le comte Bernard de la Rochefoucauld dont certaines pièces servent de salles de cours, salles parquetées où pour se rendre " au tableau " on se déplace avec des patins !
A Falaise la vie suit son cours, mis à part le tracas de ceux qui ont un être cher au front.
Au collège, situé dans l'enceinte du château, les élèves des classes supérieures sont plus inquiets et se demandent comment le conflit va évoluer. Dans leur famille, il règne un climat de confiance : confiance en l'armée française, confiance en la fameuse ligne Maginot qui devait faire avorter toute attaque ennemie. Nous devions récupérer la ferraille pour " forger l'acier victorieux. "
Lors de la récréation, les plus jeunes imaginent un énorme mur ou un fossé très profond empêchant toute intrusion allemande. Surtout pour ceux où le front est loin et la guerre ne viendra pas à coup sûr aux portes de Falaise.