Dépêches de l'Education

du Jeudi 13 mai 2004 (AFP)

Des lycéens ont fait "leur" devoir de mémoire avec ceux de 1944

Une classe de terminale du Lycée Louis Liard de Falaise a revécu pendant quatre mois à l'heure de 1944 au travers de témoignages d'"anciens" du lycée qui ont vécu la libération de la ville. Un autre regard sur l'histoire qui a resserré les liens entre générations.

A l'issue de ces quatre mois, les 28 élèves et les dix anciens élèves de 1944 ont réalisé à l'occasion du 60ème anniversaire du Débarquement et de la Libération un document de 60 pages sur la vie au quotidien des jeunes pendant le printemps 1944.

Un travail main dans la main entre deux générations sous la direction de l'initiateur du projet, le professeur Jean-Christophe Gauchard.

Trois autres professeurs ont rallié M. Gauchard pour ce travail aussi pluridisciplinaire qu'intergénérationnel.

"C'est la première fois que nous avons travaillé en groupe. J'ai adoré et grâce aux témoignages, on a découvert la difficulté de la vie à cette époque et maintenant on relativise nos petits problèmes quotidiens", assure Dorothée, l'une des lycéennes de terminale BEP Métiers du secrétariat participant à l'opération.

Parmi les témoins qui ont participé à l'opération, Michel Lecouvreur, 14 ans au printemps 1944, a servi de lien pendant un trimestre entre élèves et "anciens" en rencontrant tous les lundis les lycéens.

"voir les choses différemment"

Il est revenu avec eux sur l'histoire de leur lycée, dernier point de résistance allemande à Falaise où s'était réfugié le 17 août 1944 un groupe de soldats SS qui n'ont été délogés de la place que le lendemain.

Comme Michel Lecouvreur, neuf autres témoins ont répondu aux questions des élèves, par courrier ou courriel, et raconté des souvenirs parfois anecdotiques, parfois historiques, de leur année 1944.

"Ils nous ont fait ressentir ce qu'ils ont vécu", explique Alicia. "Ca nous a permis de comprendre ce qu'ils ont vécu pendant la guerre, on va voir les choses différemment maintenant", assure pour sa part Charline, qui porte aujourd'hui "un autre regard sur les images de guerre que l'on voit à la télé".

Amélie, elle, a "beaucoup aimé" travailler avec ces témoins, même si "beaucoup de choses m'ont choqué".

"Un témoin a raconté qu'il avait vu une cervelle d'Allemand par terre et avec une explosion ça a éclaboussé le berceau d'un bébé", explique un peu confuse la jeune fille.

De témoignages en témoignages, revivant le printemps 1944 à travers des photographies de rues dévastées, les élèves sont peu à peu entrés dans le jeu. Depuis lundi, le document précieux qui a clos leur travail a été remis officiellement au CDI du lycée.

Lundi, les élèves ont rendu un dernier hommage à celui qui leur a tenu lieu de tuteur pour ce projet, Michel Lecouvreur, avec ces quelques mots: "Grâce à vous, nous avons appris, nous avons mieux compris ce qu'était notre devoir de mémoire".